Friday, October 9, 2009

Sacrée Coco

Cet extrait d'image vous rappelle-t-il quelque chose ?
Eh oui, même avec quelques mois de retard, elle arrive ici la Coco libérée !
Pour le plaisir, observez comment s'écrit son nom : шанел...
Comme ça se prononce, en somme !

Et pour apprendre en s'amusant,
retenez que le petit mot преди signifie AVANT.

Comment dit-on le contraire ? Promis, je vais demander à Milka, ma professeur de bulgare.

Thursday, October 8, 2009

Dis, Tonton

pourquoi tu tousses ?

1/ Pourquoi les cabines téléphoniques publiques vont-elles de paire ?
2/ Et pourquoi l'une a un téléphone orange tandis que l'autre a un téléphone bleu ?
Non, ce n'est pas de la discrimination sexuelle ;
Non, ce n'est pas pour les lignes locales et les lignes internationales ;
Non, ce n'est pas pour les petits et pour les grands ;
Non, ce n'est pas pour les jours pairs et les jours impairs ;
Non, ce n'est pas pour des téléphones à pièces et des téléphones à carte ;
Non, ce n'est pas pour le dimanche et les autres jours...

Alors ??
Langue au chat ?
C'est parce que...
il y a deux groupes de téléphonie en Bulgarie :
les téléphones orange sont ceux de la compagnie BULFON
et les bleus, ceux de MOBIKOM.

France Telecom -aka Orange- saurait ça, il serait vert ! Ici, le vert fait partie de la charte graphique de GLOBUL, spécialisé en téléphonie mobile.

NB/ Ceci n'est pas une pub pour les телефони bulgares, je vous rassure !



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Cabines publiques du parc municipal - début octobre 2009

Wednesday, October 7, 2009

Silence,

on tourne !
• Synopsis :
Dans une petite rue isolée et excentrée, une vieille voiture grise de marque inconnue a réussi à se garer le long d'un trottoir défoncé.
Dans la même petite rue isolée et excentrée, trois gros camions ont réussi à se frayer un passage.
Il plane dans cette zone une forte odeur de cigarette. Il y a là des gens qui s'affairent autour de projecteurs ancestraux, d'autres qui attendent dans les camions, surveillent le matériel et fument, fument pour tuer le temps.

• Nous sommes sur les lieux d'un tournage. Les camions n'ont rien à voir avec ceux de France, tout noirs siglés CAR GRIP SYSTEME en jaune bouton d'or ! Il y avait deux camions remorque pour le matériel et un autre pour pomponner les comédiens, ici un accordéoniste et un papy aux cheveux couleur de neige. Tout avait l'air de se faire en toute simplicité, sans trop d'assistants et de "mouches" autour du chef op'.

• Cette scène a soulevé en moi une déferlante de questions : Qu'est-ce que le cinéma bulgare ? Où en est-il aujourd'hui ? Comment fonctionne ce marché ? Et les métiers qui en découlent ? Peut-être que le Festival du Film qui se déroulera bientôt à Sofia donnera un coup de projecteur sur toutes ces interrogations.

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Dans la rue de - début octobre 2009

Tuesday, October 6, 2009

Le vaisseau

Fantôme

En ce petit matin d'octobre, le jour se lève sur la vallée et surprend la brume qui s'étire encore langoureusement dans le creux des montagnes lointaines, derrière quelques petits gratteurs de ciel en béton tout armé dupliqués à l'infini durant le régime des camarades.
Paresseuse et encore toute alanguie, elle rencontre effectivement quelques difficultés à s'estomper. Aussi, en attendant que la brise vienne la saluer, elle en profite pour échanger quelques impressions floues avec sa cousine toujours grisâtre, j'ai nommé la couche effilée de polution qui surligne au quotidien la silhouette générale de Sofia. Cette rencontre inattendue engendre un fabuleux trompe-l'oeil.
Dans le silence du petit matin tout frais, au coeur de la banlieue invisible de la capitale, au-delà du dôme d'une de ses nombreuses églises orthodoxes, glisse en douceur un vaisseau dont on ne voit que les trois majestueuses cheminées au repos. C'est qu'il est de passage icognito et seul son sillage duveteux laissera le souvenir de sa présence.


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Depuis notre fenêtre de cuisine - début octobre 2009

Monday, October 5, 2009

Une si jolie villa

livrée à la valse des saisons

La porte en fer forgé est déjà poussée et reste comme figée par ses grincements de rouille. Les feuilles mortes des acacias et des marronniers jonchent le sol et dansent la farandole en faisant un bruit de fruit sec au moindre courant d'air qui rôde le long des marches du perron.

Partout autour de cette villa, un florilège des mauvaises herbes célèbre la beauté naturelle de son jardin abandonné, tandis que les arbres délaissés ont grandi comme ils ont pu ; le silence omniprésent est épais et doux à la fois. Il règne ici comme un souvenir du siècle perdu, juste avant la bascule dans l'aveuglement borné et grossier d'un système populiste totalitaire.
Cette villa, comme tant de nombreuses autres dans Sofia, est le témoignage en ruine de la grande époque du Renouveau National, né au début du XIXème siècle, avec la relève du pays et la croissance économique qui allait de paire. De riches négociants lettrés firent construire des maisons en pierre ou en bois, souvent posées au milieu de merveilleux jardins. Peintes en jaune paille ou en marron, elles étaient richement décorées, dans un style flirtant entre le baroque rococo et l'effervescence de l'art nouveau. Elles avaient souvent des fenêtres et des baies en arrondi et toujours un toit de tuiles fines. A l'intérieur, les plafonds étaient sculptés par des artistes de renom et de grandes fresques habillaient les murs. Les cheminées parachevaient l'éclat, la richesse et la créativité d'une époque qui était en plein essor, tout comme l'art, la musique et la littérature.

Lorsque j'ai découvert cette superbe villa abandonnée, échouée entre un triste immeuble des années 50 et une palissade en métal tagué de fraîche date, j'ai éprouvé cette envie soudaine de relire "Le Grand Meaulnes" de Michel Fournier ! Il me semblait qu'il avait été capable de décrire cette atmosphère atemporelle qui nimbe aujourd'hui encore cette demeure. Qui sait ? Peut-être y a-t-il dans une pièce paisible une jeune femme jouant du piano à des enfants sages ?


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Depuis la rue - début octobre 2009


Sunday, October 4, 2009

Ces messieurs du banc public

de la place Slaveykov

L'un s'appelle Petko et l'autre Pencho et ils sont à l'entrée de la place qui porte leur nom. Rien à voir avec Don Quichotte de la Mancha et son Sancho Pacha ! Non, l'un est le fils de l'autre, donc l'autre est le père du premier...
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Depuis quand observent-ils le marché des bouquinistes, relax, tranquillement installés sur leur banc de fonte ? Je ne sais, mais ils doivent rire dans leur moustache de bronze dès que le soleil s'amuse avec leurs ombres ! Oui, parce que tout de même, ils les voient tous les jours ces pauvres bouquinistes bien courageux, qui arrivent chaque matin avec leurs lourdes caisses de bananes montées sur des diables et remplies de livres anciens ou de manuels tout neufs pour la rentrée scolaire et qui remballent chaque soir le matériel non vendu, plient les pieds des tables de fortune et débarrassent les pavés de la place que longe le tramway. Dire qu'ils se donnent tout ce mal pour des livres ! Pour de la mémoire sur papier, cette mémoire que le Petko et le Pencho ont contribué à réveiller !
Pardonnez-moi, je manque à tous mes devoirs.
Il me faut ici vous les présenter :
това са петко и пеншо славейков.

Petko Slaveykov
(1827-1895) est le père. Ecrivain, politicien et enseignant, il a tout fait pour défendre la littérature bulgare, préserver ses racines et redonner ses lettres de noblesse au folklore bulgare. Il poursuivait d'une certaine façon ce que le moine Païsiy Hilendarski avait commencé en 1762, avec son manuscrit "Histoire des Slaves bulgares", en amorçant une prise de conscience nationale et créant une véritable renaissance qu'on appela le Renouveau national bulgare. A l’époque du Réveil national, tandis que la langue bulgare commençait à être enseignée dans les écoles (vers 1840), tous les grands écrivains et poètes s’occupaient aussi de traduction. Petko Slaveykov travailla à la traduction de la Bible, par exemple.
Pencho
, le fils (1866-1912), est devenu écrivain également et a marché dans les pas de son père, en allant un peu plus loin. Ecrivain et poète, il est l'auteur de vers marqués par le Romantisme, le Symbolisme et d'autres courants voisins venant de l'Ouest à la fin du XIXème siècle. Il fut Directeur du Théâtre National Bulgare de 1908 à 1909 et de la Bibliothèque Nationale de Sofia de 1909 à 1911. On le voit toujours sur les billets de 50 lévas. Sa belle poétesse et muse Mara Belcheva apparaît en filigrane sur l'autre face, où se trouvent aussi des extraits de textes très connus de Pencho, comme la saga épique nationale de "Karsava Pesen, une chanson de sang" qui traite de la guerre turco-russe. L'envol du phoénix est l'illustration de l'un de ses recueils de poèmes.
Une chose est sûre, c'est que depuis l'an 2000, ces messieurs du banc public réalisé par le sculpteur Guéorgui Chapkunov (celui qui a aussi créé Sainte Sophie, voir ici) continuent de vivre parmi les gens et ils ne comptent plus les générations qui viennent s'asseoir près d'eux ou sur leurs genoux pour la photo souvenir.
Remarque à usage pédagogique : sur la pancarte jaune, on peut lire "учеьници ", ce qui signifie MANUELS. Depuis le 15 septembre, c'est la pleine période de la rentrée scolaire, alors le dimanche les familles viennent ici pour acheter les manuels demandés par les enseignants.
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Sur la place Slaveykov - début octobre 2009

Saturday, October 3, 2009

Pimentons un peu le bulgare

Leçon d'appropriation 6

Indice : la couleur compte pour trouver ce mot, qui est le nom d'une boutique de fleurs.

Visualisez, mémorisez :
le son "D" s'écrit avec un D
quand c'est une majuscule manuscrite
et un g quand c'est une minuscule manuscrite,
sinon on trouve souvent le Д /д

• Vous vous souvenez
- que le "Ж", ce X écartelé par une croix, est le son "Je"
- que le "U" est une des représentations graphiques du son "i",
- que le "H" est la graphie du son "N";
- et que le "p" est celle du son "Rrr",

• A présent il s'agit de découvrir le nouveau son "ъ "
qui est le seul et unique son "euh" en bulgare.

A noter : il s'écrit avec un petit "b" dont la queue supérieure est tirée vers la gauche.

Attention : il existe le même petit "b" avec une queue supérieure tirée vers la droite, "ь" et là, c'est vraiment le son "b" !

Donc,
Dжuн Dжър
signifie

ginger
c'est-à-dire gingembre, d'où la couleur orange.

Friday, October 2, 2009

Le soupirail

des soupirants

Le mois dernier, je vous invitais ici à découvrir ces "petits marchands de tout" installés au milieu de leur stock au fond de leur cave, avec une devanture faite de volets à casiers vitrés donnant sur la rue.
Kotka & Kotka (Kotka signifie le chat en bulgare) est un exemple fabuleux de la mutation de la ville en effervescence. Sa devanture sobre, propre et fleurie juste ce qu'il faut, rehaussée de belles grilles en fer forgé, attire le regard. Il y a trois marches pour descendre dans cette cave et pénétrer dans un univers raffiné, aménagé avec beaucoup de goût et exposant des miniatures uniques à offrir pour sa douce quand on est soupirant et des accessoires adorables pour l'heure du thé qui apporteront une petite touche de merveilleux à votre table !
Kotka & Kotka est une de ces adresses chics qui continuera de faire parler d'elle, à n'en pas douter.

Ainsi, les soupirails sofiotes peuvent devenir de véritables cavernes d'Ali Baba, aussi discrètes que surprenantes. Un conseil : regardez bien autour de vous lorsque vous vous promenez. Vous pourriez passer à côté d'un lieu magique sans vous en apercevoir.

Juste en passant : la rue de Paris s'écrit "улица париж", qui se prononce "(o)ulytsa Parrije". Facile !
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Dans la rue de Paris - début octobre 2009

Thursday, October 1, 2009

Récolte fabuleuse

de champignons géants !

On les attendait avec une telle impatience (depuis déjà deux bonnes semaines), que lorsque je "les" ai vus sur le marché, je suis restée éblouie ! Je n'imaginais pas qu'il puisse exister des champignons aussi grands, avec un chapeau aussi généreux... Je me projetais dans la peau d'un cueilleur, qui marche longtemps dans une forêt isolée, délaissée par les promeneurs du dimanche mais certainement chouchoutée par ses braconniers et ses chasseurs. Où avait-il trouvé de tels champignons ? Et comment se présentaient-ils ? Hauts sur pied ou plutôt ramassés comme les cèpes ? Poussaient-ils au milieu des fougères ? A l'ombre des chênes peut-être ou le long de talus couverts de mousse ?
Le vendeur m'aborde et me tire de mon songe...

Il coupe une part, puis une autre, et me fait goûter un petit morceau. Un régal ! Ca a le goût de la châtaigne, de la noisette fondante mélangée avec de la carotte qui aurait été bouillie et mixée. Ce ne pouvait pas être des chapeaux de champignons géants, ni même un flan à la mode automnale bulgare. Il s'agissait tout simplement de belles et bonnes citrouilles bien sucrées, qui avaient été coupées en deux, évidées et placées à cuire dans un four doux pendant des heures. Du temps des cheminées, on les plaçait dans la cendre, près des braises rougeoyantes.
Celles-ci ont été cuites à la manière de nos patates au four. Dommage que je ne parle pas encore correctement la langue, j'aurais pu obtenir quelques précieux renseignements ! Une amie d'ici m'a expliqué que la citrouille, la courge en général, était considérée comme un fruit ici et qu'on aimait la manger tiède, avec de la crème et saupoudrée de sucre...

Une chose est sûre : nous allons en reprendre et rendre hommage à ce fruit absolument succulent, en attendant les premiers champignons !


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Le marché des femmes - début octobre 2009

Wednesday, September 30, 2009

Septembre

s'en est allé...

Cliquez sur l'image pour zoomer
Il y eut la rencontre avec les cinq copains de Cyrille et Méthode, juste derrière le marché aux étales qui croulaient sous les généreuses grappes de raisin et mes premiers cours de bulgare avec Baba Milka ;
il y eut aussi de longues promenades à l'ombre des marronniers du Doctors' garden tout poudrés de rouille et de safran associé,
il y eut l'aube sur Nevski avec l'envol des pigeons en contre-jour, et la découverte d'une villa abandonnée où il plane comme un doux parfum proustien qui s'entortille en volutes vaporeuses, le long du balcon en fer forgé défoncé par les troncs noueux de plusieurs glycines en pleine effervescence ;
il y eut cet accordéoniste élégant, un papy avec lunettes cerclées d'or, gilet et toque aux petits miroirs qui demandait quelques sous pour la photo ;
il y eut cette unique mais ô combien savoureuse pause CheeseCake au Grand Café ;
il y eut cet inoubliable sourire secret du tigre byzantin gardien des hautes portes de la Présidence ;
il y eut des escales terrasses en fin d'après-midi sous des parasols-parapluie s'ouvrant comme des coroles de tulipe,
il y eut le marché des Halles et les terrasses des Bains turcs,
il y eut les câbles de partout qui compartimentent le ciel en petits casiers et les jongleries avec les autos, les bus et les tramways pour traverser les boulevards rarement protégés !

Et c'est ainsi que l'automne est arrivé.

Tuesday, September 29, 2009

La perfection

perfectible !
En ce début d'automne, toujours habillés de blanc, les gardes de la Présidence opèrent la relève, comme à chaque heure. Ils marchent d'un pas ferme, c'est le moins que l'on puisse dire ! Ils me renvoient étrangement au petit soldat de plomb tombé amoureux de la danseuse dans le conte éponyme de Hans Christian Andersen. Ils marchent vraiment en grande synchronisation et lorsqu'on est complètement face à eux, on ne voit qu'un garde alors qu'ils sont deux, l'un derrière l'autre. Tout semble être réglé comme du papier à musique...
sauf lorsque l'un d'eux est enrhumé et qu'il doit continuer de monter la garde ! Cliquez sur l'image pour zoomer et regardez ce garde, au fond à droite...

NB/ La plume qui orne la coiffe de ces gardes est une plume de faucon.


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Le Palais de la Présidence - mi-septembre 2009

Sunday, September 27, 2009

Ca c'est...

Sofia
-épisode 2-


Les joueurs d'échecs invétérés dans le Jardin Municipal face au Théâtre National. Tous les après-midis, les hommes se retrouvent là, autour de quelques pièces et se concentrent, sous le regard averti des observateurs de passage.

Petites cordelettes aux brins blancs et rouge tressés qui sont accrochées aux branches des arbres et arbustes des jardins de la ville. Une tradition qui se fête en mars pour saluer l'arrivée du printemps et se souhaiter des voeux de fécondité et de renaissance en quelque sorte.

Le marchand de ballons dans le grand parc propose aussi des trucs à bulles et des cannes à boule tintinnabulante.

En matière de câbles, fils de noeuds et réseaux filaires en tout genre, les installateurs sofiotes détiennent assurément le record de l'imbroglio.

Devant un arrêt du Tramway, le vendeur de billets de tram, mais aussi de billets de la loterie, fait le bilan intermédiaire de sa recette de l'après-midi.

Il est 18h30, la lumière baisse dans les rues de la capitale et les chiens errants s'installent sur les trottoirs pour y passer la nuit.


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Les rues et jardins de Sofia - mi-septembre 2009

Saturday, September 26, 2009

Salon

en cave

Parmi les caves appartenant à un standard supérieur, il y a ce salon de coiffure que l'on voit depuis le trottoir, en se penchant sur sa rembarde ! Dans un jeu de miroir, on peut observer le "friseur" terminer le brushing de sa cliente blonde.
Il y a tout ce qu'il faut dans ce salon et on n'a pas besoin de grand chose pour bien travailler. Il faut simplement de bons outils et un véritable savoir-faire.

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Vu dans les rues de Sofia - septembre 2009

Friday, September 25, 2009

La colonne à Moris

C'est du béton !


Ah les colonnes d'affichage de Sofia ! Extraordinaire !! Ce sont de gros rouleaux en béton dressés vers le ciel, que l'on voit sur les trottoirs à l'angle des carrefours ou dans les jardins. Elles sont fascinantes car couvertes de couches et de couches d'affiches, à tel point qu'avec la pluie, des pans entiers s'écroulent sur eux-mêmes et lorsque le soleil revient, tout se fige dans la colle et c'est le vent qui vient les feuilleter, juste comme ça, sans en avoir l'air !
Tout le monde y vient pour glisser son info, qui un concert, qui une expo de peinture, qui le dernier film qui sort, qui une présentation événementielle de shushi au restaurant du coin ou un cours d'initiation au yoga... J'aime ces colonnes, car chaque jour, elles changent de visage, à croire que c'est à l'encart qui restera le plus longtemps visible avant d'être encollé à son tour par un nouveau papier tout frais, voire une actu brûlante, selon les goûts ! Les colonnes Moris, à côté, c'est d'un classicisme dépassé !

Bémol : J'ai cependant aperçu devant une grande banque un nouveau type de colonne : top design, ultra moderne, elle est vitrée et allumée de l'intérieur. Elle pivote sur elle-même et montre ses deux affiches à ceux qui restent garés sur le parking devant lequel elle est située.
Qui des deux l'emportera ? C'est un peu le jeu du pot de terre et du pot de fer. Mais je me dis aussi que le béton, ça résiste mieux au temps !! On verra bien !


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Vu dans les rues de Sofia - septembre 2009

Thursday, September 24, 2009

Kiosques sofiotes

Les trottoirs foisonnent de petits kiosques multicolores, un peu rouillés, un peu déglingués, mais ouverts tous les jours.
Ainsi, dans la famille des vendeurs, je demande ceux qui tiennent un kiosque, posé là ou sur roulettes.
Ici, on grignote beaucoup. La vendeuse de pistaches, noisettes et noix en tout genre distribue ses amuse-gueule dans des petits sachets et nombreux sont ceux qui s'y arrêtent pour lui prendre quelques graines.
On trouve aussi des kiosques à journaux qui croulent sous les publications et d'autres qui exposent leurs boules et miches de pain derrière les vitres taguées. Les fleuristes, fort nombreux, s'installent dans les coins de rue animées et derrière leur cabane vitrée préparent des bouquets à une fleur ! (Facile : il suffit de mettre un gros noeud en bolduc à la tige d'un dahlia carmin, et le tour est joué !!).
En version ambulante, mais sans déambuler dans les rues, -ils arrivent le matin et quittent les lieux le soir- il y a la marchande de maïs chaud et semi cuit. N'est pas encore apparu le marchand de "marrons chauds", mais cela ne saurait tarder, je pense.

En version 100% ambulante, il y a l'homme-orchestre-vendeur-de-hot-dogs, qui en guise de tambour sur le ventre, porte un petit barbecue en bandoulière où grillent trois saucisses. Dans le dos, il a une sorte de gibecière où sont stockés les sandwichs en voie d'être troués sur un pic et à l'épaule une petite boîte contenant les saucisses... Monsieur Hot-dog déambule dans le centre-ville le midi et il attire pas mal de clients en costume gris ! Je n'avais jamais vu ça !
Une question me taraude : comment tous ces vendeurs vont-ils passer l'hiver ??

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Vu dans les rues de Sofia - septembre 2009

Wednesday, September 23, 2009

Vendeurs

postés en cave

Lorsque la boutique est fermée, elle passe inaperçue le long du mur, dans la rue. Sa porte de protection ressemble vaguement à celle d'une ancienne installation électrique.

Posté en sous-sol, il faut se casser le dos pour parler au vendeur qui est retiré dans sa cave et lui demander, de haut, le produit que l'on désire acheter. A la manière des Bernard L'Ermite, ils restent bien au fond de leur espace de stockage et on ne les voit pas facilement. Eux, à l'inverse, doivent en voir des chaussures, des doigts de pied, des mollets poilus et moins poilus, des bas de pantalon usés, salis, effilochés ou encore marqués d'un pli du fer à repasser ; et même des roulettes de poussette ou de caddies. Ca doit les lasser à force.... toutes ces jambes sans visage !

Mais que vendent-ils ? Tout est présenté dans les multiples cases de leur devanture à battants plus ou moins rafraîchis : cigarettes, bricoles à grignoter, alcools ou boissons non alcoolisées, sodas, eau ou cafés à emporter, produits de première nécessité, de dépannage... Ils sont entourés de leur stock. Certains aiment discuter avec leurs clients réguliers et pour plus de confort, leur ont installé un petit billot sur lequel ils peuvent poser leurs fesses, fumer une cigarette, boire une canette, chercher leur monnaie.

Un peu comme nos petites épiceries de quartier, ces "boutiques" sont dans toutes les rues de Sofia. Elles sont nées juste après la chute du régime, elles étaient les premières à fournir de tout. Les propriétaires avaient été des communistes fervents qui se sont réveillés dans un autre système. Alors, ils se sont improvisés vendeurs en tout, ont aménagé leur cave et en ont élargi un peu le soupirail, pour offrir aux passants enivrés par leur nouveau pouvoir de consommer, ce qui les tentait. Presque 20 ans après leur création, elles tendent cependant à disparaître : elles se font doucement remplacer par des magasins "plus modernes", à hauteur d'homme avec une porte à l'entrée et trois marches pour y entrer. Dommage !
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Vu dans les rues de Sofia - septembre 2009

Tuesday, September 22, 2009

Tournez manèges !


Pas de pompon fou, ni de musique dénaturée... ici, les manèges sont rudimentaires et font aussi le bonheur des enfants, qu'ils choisissent de monter sur un cheval blanc, dans un tank, une jeep ou une trabi...

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Les jardins de Sofia - mi-septembre 2009

Monday, September 21, 2009

C'est la saison de...

Cette expression prend vraiment tout son sens à Sofia.
Le marché... tout passe par là ! Il n'y a vraiment que des fruits et des légumes de saison sur le marché quotidien qui anime la rue Ignatiev.

C'est ainsi qu'on a la primeur des baies de rosiers, de la nouvelle récolte de miel et des grosses noix des montagnes, des fruits rouges et moins rouges comme les cranberries que l'on ne trouve pas en France et des raisins, ceux qui ont échappé aux sécateurs et aux paniers pour participer à la production des nouveaux Cabernet Sauvignon 2009.

Le jeu des couleurs est magnifique, certains produits sont étonnants comme ces baies de rosier ou des bocaux de miel à travers lesquels on voit les pans entiers de rayons aux alvéoles noircies. Sur les trottoirs, il y a aussi de vieilles femmes en chignon défait avec de longues mèches d'un blanc d'albâtre qui vendent les récoltes de leur jardinet pour gagner quelques lévas et arrondir leur mois sans retraite ou de jeunes gitans qui vendent les noix fraîches qu'ils ont glanées.
C'est donc avec cette farandole de fruits et de légumes que l'on va traverser doucement les saisons. La dernière semaine de septembre ont commencé à apparaître les courges et les châtaignes fraîches. Les champignons seront-ils au rendez-vous ? Espérons-le.


Sunday, September 20, 2009

Brazil

ou Gotham City ?

Dès notre arrivée, nous avions repéré un bâtiment imposant, tant par sa hauteur que par sa grandeur. Il se trouve dans le centre de Sofia, au coeur de la ville stalinienne. De structure carrée, ce temple néo-grec ne cesse plus de se ramifier en tours et tourelles carrées, pour élever une colonne aux facettes acérées qui se termine par un mât au bout duquel claque le drapeau bulgare au vent du jour. Il en impose et reste impressionnant, face au Palais de la Présidence.
Il me faisait vaguement penser à la mairie de Gotham City, la ville de Batman et il avait aussi un petit air de la Grande Institution dans le film "Brazil"... Et puis, j'ai appris qu'il s'agissait de l'ancien bâtiment du Parti : le siège du comité central du parti communiste pendant toute la période totalitaire, de 1944 à 1990. Imaginez qu'en lieu et place de l'actuel drapeau bulgare qui ne cesse de dessiner sa liberté et sa fierté sous le souffle du vent quotidien, il y avait une gigantesque étoile rouge ! Quand en août 1990, les protestants ont tenté d'incendier ce bâtiment, symbole même du totalitarisme, pour le réduire en poussière, l'étoile a rapidement été décrochée par hélicoptère. On ne l'a plus revue depuis...

Aujourd'hui, même si on n'en parle plus dans les guides de voyage, l'ancien quartier général de Big Brother accueille dans son ancienne salle des congrès de 1200 places, les concerts du nouvel orchestre symphonique de Sofia et d'autres manifestations culturelles La musique adoucit les moeurs, aime-t-on à dire !
Avouez que sous le ciel bleu de ce mois de septembre, il est quand même moins inquiétant.
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Centre de Sofia - septembre 2009

Saturday, September 19, 2009

Vendeuses

du jour

Du matin au soir, tous les jours, les vieilles dames s'installent sur les trottoirs, sortent leurs pots et bidons, aménagent leur petit étal, présentent leurs fleurs ou leurs légumes du jardin, et regardent les gens passer. Un jour, ce sera trois précieuses tomates, le lendemain deux gousses d'ail et une botte d'aneth, quelques poivrons dans un carton. Comment font-elles ?

Tous les jours, du matin au soir.
Toujours les mêmes visages burinés, les mêmes regards fatigués, les mêmes attentes.
Tous les jours, sur les trottoirs.

Et à la morte saison ?

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Vu dans les rues de Sofia - septembre 2009