Wednesday, November 25, 2009

Unis comme

Cyril et Méthode

Fabuleuse rencontre en cette belle matinée fraîche et ensoleillée :
Qui a réalisé cette sculpture monumentale qui se trouve devant le Palais National de la Culture ? Je ne sais. J'y retrouve l'influence de Constantin Brancusi, avec le lissé et des lignes épurées d'une simplicité désarmante. Impression que son Baiser a évolué et qu'à présent, avec force beauté, chacun regarde dans la même direction...
Je suppose que c'est un hommage rendu à la mémoire des deux créateurs de l'écriture slave, puisque dans la partie inférieure et sphérique du monument, on retrouve quelques signes de leur première écriture, l'écriture glagolitique* :
Ici, le Z () et le N ()

Il va falloir que j'y retourne pour vous les présenter de face. Le formidable contre-jour du moment (vers 11h) ne m'a pas autorisée le portrait de ces deux superstars bulgares. Bien sûr, on peut les retrouver devant la Bibliothèque Nationale, mais ils sont bien austères et évoquent un peu les Bourgeois de Calais par Rodin, assez ramassés sur eux-mêmes. Leur stèle, à l'inverse, est plus intéressante car elle porte les deux écritures, la glagolitique et la cyrillique. Encore un bel épisode graphique à venir, n'est-ce pas ?

* de Glagol, "Verbe" en bulgare, c'est-à-dire la Parole divine. Cela a aussi gardé son sens de "verbe" à conjuguer...

Cyril et Méthode ont déjà été abordés dans un des premiers papiels de PATATNIK, en date du 3 septembre 2009 : le cyrillique bulgare ou la méthode à Toto.

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N.D.K. / Palais National de la Culture, 24 novembre 2009, 08°C.


Pour les graphistes et autres passionnés d'écriture,
voici un tableau récapitulatif des caractères (extrait de Wikipédia)

Graphie Nom (cyrillique) Nom (transcrit) Phonème Équivalent grec Équivalent cyrillique
Az Азъ Az /a/ Alpha (Α α) A (А а)
Buki Бѹки Buki /b/
Bé (Б б)
Vedi Вѣдѣ Vedi /v/ Béta (Β β) Vé (В в)
Glagol Глаголи Glagol /g/ Gamma (Γ γ) Gué (Г г)
Dobro Добро Dobro /d/ Delta (Δ δ) Dé (Д д)
Jest Ѥстъ Jest /ɛ/ Epsilon (Ε ε) Ié, É (Е е)
Zhivete Живѣте Živete /ʒ/
Jé (Ж ж)
Dzelo Зѣло Dzelo /ʣ/ Zéta (Ζ ζ) Dz macédonien (Ѕ ѕ)
Zemlja Земля Zemlja /z/ Zéta (Ζ ζ) Zé (З з)
Izhe Иже Iže /i/ Êta (Η η) I (И, Й и)
I И, Ижеи I /i/ Iota (Ι ι) I biélorusse et ukrainien (І і)
Dzherv
Džerv /ɡ/

Kako Како Kako /k/ Kappa (Κ κ) Ka (К к)
Ljudi Людиѥ Ljudi /l/ Lambda (Λ λ) Èl (Л л)
Mislete Мыслите Mislete /m/ Mu (Μ μ) Èm (М м)
Nash Нашъ Naš /n/ Nu (Ν ν) Èn (Н н)
On Онъ On /ɔ/ Omicron (Ο ο) O (О о)
Pokoj Покои Pokoj /p/ Pi (Π π) Pé (П п)
Rtsi Рьци Rci /r/ Rho (Ρ ρ) Èr (Р р)
Slovo Слово Slovo /s/ Sigma (Σ σ/ς) Ès (С с)
Tverdo Твърдо Tverdo /t/ Tau (Τ τ) Té (Т т)
Uk Ѵкъ, Ѹкъ, Оникъ Uk /u/ Omicron Upsilon Ou (У у)
Fert Фрьть Fert /f/ Phi (Φ φ) Èf (Ф ф)
Kher Херъ Her /x/ Chi (Χ χ) Kha (Х х)
Oht Отъ Ot /o/ Oméga (Ω ω) Oméga, Ot (Ѡ,Ѿ ѡ,ѿ) (utilisé uniquement pour la traduction du grec)
Tsi Ци Tsi /ʦ/ Tsade hébreu (צ ,ץ) Tsé (Ц ц)
Cherv Чрьвь Červ /ʧ/
Tché (Ч ч)
Sha Ша Ša /ʃ/ Shin hébreu (ש) Cha
Shta Шта Šta /ʃt/
Chtcha (Щ щ), Chta en bulgare
Jer Ѥръ Jer /w/, /ə/
Signe dur (Ъ ъ)
Jery Ѥры Jery /ɨ/
Iéry (Ы ы)
Jerj Ѥрь Jerj /j/
Signe mou (Ь ь)
Jat Ѣдь, Ѣть (Ять) Jat /jæ/
Iat' (Ѣ ѣ) (supprimé du russe en 1917, et du bulgare en 1945)
GlagolitsaJo.gif
Jo /jɔ/
É iotifié (Ѥ ѥ) (obsolète)
Ju Ю, Юсь Ju /ju/
Iou (Ю ю)
Jus Malij
Jus Malij /ɛ̃/
Petite Ious (Ѧ ѧ) (obsolète)
Jus Malij Jotirovannij
Jus Malij Jotirovannij /jɛ̃/
Petite Iouse iotifiée (Ѩ ѩ) (obsolète)
Jus Bolshoj
Jus Bolšoj /ɔ̃/
Grande Iouse (Ѫ ѫ) (obsolète)
Jus Bolshoj Jotirovannij
Jus Bolšoj Jotirovannij /jɔ̃/
Grande Ious iotifiée (Ѭ ѭ) (obsolète)
Thita Фита Fita /f/ Théta (Θ θ) Fita (Ѳ ѳ) (utilisé uniquement pour la traduction du grec)
Izhitsa
Ižica /v/, /i/ Upsilon (Υ υ) Ijitsa (Ѵ ѵ) (supprimé du russe en 1917)



Tuesday, November 24, 2009

La jeune fille

tant attendue

Ce week-end encore, je l'ai surprise : il n'était que 17h et déjà elle se faisait toute petite dans le dos d'un des invités d'Apollon en train de sonner joie et bonheur à l'envolée, tout en maintenant son fougueux attelage tiré par trois lions indomptés mais solidement harnachés.La lune a une nouvelle fois réussi à rejoindre son Royaume, comme la légende de la jeune fille-lune me l'a appris dans Les deux vieux et la lune, l'un des douze contes bulgares que l'on trouve dans les Contes traditionnels bulgares d’Angel Karaliitchev (1893 1948).
Comme tous les contes, celui-ci a voyagé... On le retrouve au Canada, sous un autre titre : "Sur les ailes de la lune". Les petits vieux ont un prénom, mais la belle, celle qui revêtira son patchwork de plumes chamarrées pour venir les aider, garde son rôle. Et c'est à elle que je pense désormais quand je la retrouve dans le ciel bulgare.

Vient-elle toujours en aide aux petits vieux bulgares isolés et sans enfants qui aspirent à un peu d'aide dans leur quotidien ? J'aimerais penser que oui, mais la réalité est toute autre.

Combien y a-t-il de mamies qui "vendent" dans les rues sofiotes ? Aujourd'hui, j'en ai rencontrée une qui proposait des billets de loterie nationale dans le hall aux courants d'air glacés de la Poste Centrale. En sortant, juste à l'angle de la poste, une autre attendait -emmaillotée dans son vieux manteau en fourrure- devant son caddie essoufflé mais rempli de petits pains frais, que le passant lui en prenne quelques-uns pour 50 centimes de lev pièce (0,25 euros).

Alors, s'il vous plaît, Mademoiselle la Lune, en cette veille de Sainte Catherine, revenez et devenez l'espace de quelques jours, la fille tant attendue de ces vieilles personnes !


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Char du Théâtre Municipal Ivan Vasof, 22 novembre 2009, 10°C.
Devant et dans la Poste Centrale, 24 novembre 2009, 08°C.

Monday, November 23, 2009

Piquer la curiosité

et relever les plats

Depuis quelques semaines, en passant devant les étals, j'étais étonnée de voir ces racines. Combien de fois me suis-je arrêtée pour les renifler de près -aucune odeur-, les prendre et les présenter de loin au marchand qui dans un sourire me lançait : "soupa, soupa". Il aurait fallu que je les gratte, que je les croque... Qu'étaient ces racines ?

Certains marchands proposent de petites bottes composées de morceaux de carottes coupées et de céleri, avec des racines. Le fait qu'elles portent trois brins en leur sommet est un précieux indice qui révèle ici leur appartenance à la grande famille du persil.
Or, celles-ci ne portent aucune feuille... On peut aussi les trouver tranchées et emmaillotées toutes ensemble d'élastiques fins.
Après traduction, ce sont des racines de raifort ! Alors une nouvelle question se pose : que font les Bulgares avec du raifort ? De la soupe qui pique ?

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Graf Ignatiev, 21 novembre 2009, 13°C.

Sunday, November 22, 2009

Vieillots

mais toujours aussi informatifs
les panneaux de signalisation de la ville
La petite soeur porte une queue de cheval
et va à l'école d'un bon pas,
sous la protection de son frère,
en bottes et culotte courte,
avec une pochette à la main.
C'est bien connu :
les garçons jouent au ballon au risque de casser une fenêtre
et les filles en couettes et jupette jouent à la corde à sauter.
Si la fillette avait joué au ballon et le garçon avait sauté à la corde
(comme à l'échauffement de boxe, par exemple)
la gent masculine en général aurait crié au scandale...

Saturday, November 21, 2009

Les amoureux de

SOFIA
Il y a ceux de début novembre devant une exposition instructive,
Il y a ceux de septembre, contemplatifs
sur la plus belle des stalles de la Capitale...
Après tout, l'amour est immortel
et la devise de Sofia est, ne l'oublions pas,
“Grandis mais ne vieillis pas”*
*au sens de l'évolution de la ville
Merci Л
юсил !

Friday, November 20, 2009

Soleil Cosmique

Orange de Mars

Regardez comme il jette encore feux et flammes au centre desquels rayonne sa tendreté. A n'en pas douter, ce merveilleux orange de Mars ferait le bonheur des peintres s'ils connaissaient une formule pour le réduire en poudre et utiliser ses pigments pour leur travail.
Les fibres soyeuses d'un rouille intense, magnifiques de finesse, suffisent à enflammer notre désir mais elles se voient pourtant souventes fois adornées par son chaland, d'oripeaux de noix et de douceurs satinées d'une bonne miellée locale.

Cette belle terre revient d'un long sommeil en "four stellaire", non sans avoir joui auparavant de plusieurs mois pour grossir et s'arrondir sur un lit de paille au soleil bulgare. La plus belle des surprises, c'est à l'ouverture, lorsque, dans un silence charbonneux, au fond d'une arrière-buanderie, sa partie supérieure est soulevée pour que son assise soit soigneusement délestée de ses chapelets tressés de graines comme autant de secrets que l'on aurait noués là pour qu'ils ne nous échappent.
L'écrin tapissé de précieuses matières évoque soudainement les mythes cosmogoniques et renvoie à une croyance aborigène, qui voulait que la Terre et le Ciel soient issus de l'Oeuf Originel, lequel, cassé en deux, a permis la création de la voûte céleste d'une part et du creuset terrestre, qui retient terre et mer, d'autre part.

Des crevasses créent une nouvelle partition, délimitant vallées et sommets, plaines et crêtes. Dans une autre dimension, ce sont là de nouvelles aires de jeu pour la lumière fay, ensorceleuse et funambule de premier rang au-dessus des planches de cette grande arène aux couleurs de Salem sous un soleil cosmique. Que le spectacle commence !
Qui entre en scène pour le prochain numéro annoncé par un Monsieur Loyal virtuel ?


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Graf Ignatiev, mi- novembre 2009, 14°C.

Thursday, November 19, 2009

вратата

Leçon, le son du jeudi
Oui, avec le B capital qui fait le son V, ça se lit : "Vratata"


Eh bien maintenant, pour moi, ce mot est synonyme de T.P.S., c'est-à-dire Toute Puissance du Système !
Un conseil :
Quand, de bon matin, l'interphone sonne chez vous, ne décrochez pas.
Si par malheur, vous venez de décrocher, ne répondez pas.
Si par malheur, vous répondez par un vague "AWO ?" (le Allô bulgare), n'essayez pas de comprendre les messieurs bulgares qui vous braillent des instructions.
Si par malheur, dans les instructions braillées, vous reconnaissez le mot вратата, n'appuyez pas sur le bouton qui permet de désarmer вратата, la porte !!

Mais, si par malheur vous avez quand fait tout ça, sachez que dans les cinq (5) minutes qui suivent, le courant vous est coupé !

TCHAC ! Terminé, basta, on n'en parle plus, de toute façon vous n'avez plus le téléphone, ni l'accès à internet, ni la musique, ni même le four, le réfrigérateur, les plaques, la soufflerie... Vous reste que LA JOIE, en somme !

Aller essayer de comprendre ce qui se trafique devient votre idée fixe.
Rencontrez donc vos voisins bulgares qui sont toujours sur la défensive, ternes, méfiants et qui ne laissent passer que la tête dans l'entrebâillement de la porte (leur врата) en vous fronçant les sourcils dessus, juste le temps de réaliser que EUX, ils ont de l'Energia, de l'électricité...

Que faire ? Impuissance quand tu nous tiens !

Et pourquoi d'abord, cette врата a t-elle été ouverte ? Qui sont ces messieurs qui viennent couper le courant ? Pourquoi ? Nom d'un chat errant dans les rues de Sofia ! Pourquoi ? Bon, la semaine dernière, pendant trois jours d'affilés, tous les matins dès 8h, on n'avait plus d'eau, plus une seule goutte et ce jusque 14h30. Pourquoi, on n'a pas su. Chaque jour, on ne croyait pas que ce serait le même scénario le lendemain, et pourtant... C'était annoncé ? Bien sûr que non ! Et si c'était pareil aujourd'hui avec l'électricité ? Mais non puisque l'ascenseur fonctionne, que les couloirs du palier s'éclairent, que les voisins ont de l'énergia...

Alors pique-nique le midi, avec des grigris à grignoter et un bébé ravi de grignoter comme les parents !!

Moralité, ce soir, alors que j'écris ces lignes, le courant est revenu.
Tout seul ?? NAAAAN.
Il était 18h et là, l'interphone à nouveau.
Les voix des messieurs à nouveau.
Des voix qui braillent
Un mot s'échappe... вратата
Une recherche désespérée dans le couloir tout noir du bouton qui déclenche l'ouverture de la врата.
Recherche frénétique, encore. Il fait nuit, on n'y voit goutte.
Le bouton apparaît enfin sous la pulpe des doigts qui s'y enfoncent désespérément.
Là-bas, en bas, à travers l'interphone mouchard, on entend le clic sec de la porte/Bratata qui s'ouvre, les brailleurs qui entrent, leurs pas qui résonnent, leurs voix qui s'estompent...

Et la lumière est revenue,
le réfrigérateur a repris son ronron, toute comme la soufflerie,
le téléphone a lancé un petit bip de surprise,
les clignotants d'internet ont repris leur danse stroboscopique en vert fluo.

вратата ?
C'est le Sésame bulgare, dans certaines circonstances.

NB/ Et pourquoi ces messieurs sont-ils revenus ce soir ?
Parce que nous avons appelé notre propriétaire qui avait oublié de régler une facture, qui l'a réglée en après-midi, qui nous a rappelés sur un portable encore chargé pour nous annoncer que tout rentrerait dans l'ordre dès 18h.
A 18h pérantes, les врататiMen sont arrivés et la lumière fut !

Ce scénario m'a vraiment fait peur, et j'ai repensé à la Toute Puissance du Système pendant le système et à ces hommes qui agissaient automatiquement sur des ordres, sans tenir compte de quoi que ce soit d'autre que de bien faire leur besogne pour être bien notés.
L'effet boule-de-neige de l'horreur.

MеРси лусила !

Wednesday, November 18, 2009

Hé...

Où allez-vous ? (1/2)

- Pas le temps de vous expliquer, désolé ! On est pressé ! Faites comme nous : enfilez un manteau chaud et laissez-vous guider...
On nous a parlé d'un endroit étonnant.
Nous, on passe par l'entrée des artistes.
Vous venez, oui ou non ?
La prochaine fois, je vous montrerai l'autre côté !



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Graffitis au pochoir dans la Han Krum
et la 6 Septembre pour les souris,
mi-novembre 2009, 13°C.

Tuesday, November 17, 2009

Une silhouette

devenue si familière
La brume du matin aime esquisser à peine son contour,
le soleil de novembre aime faire rebondir ses rayons
le long de ses flancs bleutés,
Et la ville retrouve son dessin au soir venu.

Vitosha est notre Fuji à nous
et il ne se passe pas un instant sans qu'il nous fasse rêver
alors il nous faudra bientôt le capturer à l'encre
sur un velin écru !

Monday, November 16, 2009

Le Gardien



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Tsar Shishman, 12 novembre 2009, 14°C.

Sunday, November 15, 2009

Il plane ici

comme un petit air de début d'hiver...
Le marronnier n'en finit pas de pleurer ses feuilles, que déjà les lampadaires s'habillent d'aiguilles et de lumières pour les longues nuits glacées en approche... Scène qui me renvoie à des nuits de Munch, des lampadaires de Van Gogh, avec ce petit détail d'une atmosphère poudrée bleue du Nabis Maurice Denis pour une chambre de jeune fille -certainement la découpe des feuilles.
L'endroit est calme, comme sourd au moindre bruit. Le vent en personne s'est assoupi... car la Nuit arrive. La laisser s'installer, déplier ses soieries encre de Chine et ajuster son diadème de pierres serties... Oui.
Alors, il ne nous reste plus qu'à traverser en silence l'allée, sur la pointe des pieds -pour nous et loin des chaos pour la poussette- et ne déranger aucune des larmes du marronnier constituant sa noble traîne écureuil.

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Devant le Grand Hôtel, 15 novembre 2009, 6°C.

Saturday, November 14, 2009

J't'emmèle

"Qui c'est qui parlait d'ondes récemment ? !"
Dans la capitale de la Bulgarie, faut pas s'embrouiller les filins !
D'ailleurs, quand on installe de nouveaux systèmes,
on laisse les anciens câbles -on ne sait jamais-
et on développe de nouveaux réseaux filaires.
Du travail de pros bulgares !



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Boulevard de Madrid, 11 novembre 2009, 13°C.

Friday, November 13, 2009

Dionisiaque partition

pour un chant à une voix

Voici quelques grappes flétries suspendues à un câble qui court devant la façade défraichie d'une Villa sofiote. Belle apparition pour qui aime lire entre les lignes...
Cette écriture musicale d'une autre nature ne semble-t-elle pas chanter à sa manière un des petits poèmes en prose de Baudelaire : "Enivrez-vous" ? Entendez-vous le vent murmurer entre les grappes : "Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise." ?
L'ennemi, aux yeux de Baudelaire -et aux nôtres- a toujours été le Temps qui passe. Ainsi, pour fuir sa propre condition de mortel et se donner l'illusion de suspendre un instant la seconde assassine qui nous rapproche inexorablement de la fin, l’ivresse est la solution ! Sous la plume de ce grand poète, elle va même presque prendre des allures de noblesse morale.
Dans les rues de Sofia, il n'est pas rare de voir de belles grappes mûrir devant les grilles des maisons. La vigne part à l'assaut de tout ce qu'elle trouve dans son envolée lyrique et les câbles en tout genre s'en trouvent fort chargés. "Enivrez-vous !" La métaphore est belle dans ce pays où les gens apprennent à retrouver le goût de la liberté : Oubliez le sceau du temps sur vos vies, et osez désirer, osez aimer, osez sourire, osez vivre, Messieurs-Dames !

Remarque anodine : Si cela pousse aussi bien en ville, imaginez dans les campagnes ! Dionysos se sent très bien dans ce pays et le vin bulgare est un nectar.

Partition complète pour le plaisir

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Charles Baudelaire
"Enivrez-vous", Petits poèmes en prose, 1862.

Vigne possessive et couverte de grappes noires,
prise depuis les barbelés (zoomer) !

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Rue Han Asparuh , début novembre 2009, 14°C.

Thursday, November 12, 2009

Leçon du jeudi sans le son

Juste un mot :
свобода
Pour célébrer son entrée dans l'Europe, Sofia a accueilli sur ses murs les mots des grands poètes européens. 26 murs de la ville ont été adoptés pour donner à découvrir 26 poèmes, écrits chacun dans la langue du pays et traduits en bulgare et en anglais ; une façon de "célébrer l'unité dans la diversité".

Pour la France, c'est le poème de Paul Eluard qui a trouvé sa terre d'accueil sur la haute façade d'un immeuble à l'angle du boulevard de Madrid qui n'attirerait pas le regard s'il ne portait pas cette phrase puissante, la toute dernière de son long poème éponyme. Véritable poème de lutte, LIBERTE a été écrit sous la forme d'une longue incantation de 20 strophes destinées à être lues et transmises oralement. C'est un hymne à la vie et à tous ces bonheurs simples qui peuvent combler un homme. Telle une arme, il a quand même été parachuté dans le maquis pour soutenir les combattants et leurs espérances.
Quand Fernand Léger illustre Paul Eluard
Ecrire le mot LIBERTE sur tous les supports possibles partout dans le monde n'est-elle pas la plus grande des revendications imaginables ?
свобода
Le poème entier se trouve ici.

Dire que ce poète avant-gardiste né en 1895 avait rencontré sa future femme qu'il avait surnommée Gala, dans le sanatorium suisse où, tuberculeux, il se faisait soigner. Gala l'a épousé en 1917 mais l'a quitté en 1924 pour Salvador Dali, qui lui fera hanter bon nombre de ses toiles. Avec Breton, Aragon, Max Ernst, Eluard a plongé au coeur du mouvement dada avant de fonder le mouvement surréaliste. Pendant la guerre, il faisait partie de la Résistance. En 1942, année où il a écrit ces lignes, il est devenu membre du Parti Communiste. Plus de 70 livres seront publiés de son vivant ! Il est mort en 1952 d'une crise cardiaque.



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бул. мадрид 2, 11 novembre 2009, 13°C.

Wednesday, November 11, 2009

Malko i Goliamo

sont sur le billot !
ACTE I, scène 1ère et dernière :

"- EH, Gros !
- Nan, petit, moi, c'est Grand et en bulgare on dit GOLIAM / голиам, alors appelle-moi Golllliamo et on s'entendra !
- D'accord, d'accord, Golllllllllliamo, t'énerve pas ! Moi, on m'appelle bien petit / малек, -MALKO, quoi-, et je n'en fais pas une rougeole !
- Nan, Malko, ça se voit bien, t'es tout noir ! On est sur le même billot de toute façon, alors que veux-tu ?
- Eh, Golllliamo, tu sais ce qui se mijote par ici ?
- Nan, Malko, j'sais pas trop mais je capte de toutes mes radicelles d'étranges bruits d'instruments.
- Ah oui ? C'est bizarre, pas moi !
- C'est normal, Malko, tu n'es pas sur les mêmes ondes que moi...
- C'est quoi, cette histoire d'ondes ? Jamais entendu parler d'un truc comme ça...
- Chuuuut ! Ecoute ! Ca vient de кухнята / la cuisine..
- Oh oui, on dirait que ça gratte...
- Malko! Ca n'gratte pas, ça rape ! Capté ? Et c'est là que tout se gâte pour nous !
- ??
- Ils ont sorti le grand jeu : féta de brebis, laitage à 4%, jus de citron, fenouil bulgare (de l'aneth si tes ondes préfèrent). M'est avis que l'on va avoir un rôle majeur dans la scène de ce soir...
- Super ! J'ai toujours rêvé de faire du cinéma !
- Ouhais, bah là, ce sera le premier et dernier rôle de ta vie, Coco !
- Non, moi c'est Malko ! Et c'est quoi le titre du film ?
- Blanche-Neige, la salade : SnéJanka Salata /снежанка салата, avec comme acteurs principaux, NOUS, finement râpés, à la main, sur la grande râpe d'aluminium de la maison...
- AAAaaaah, mais, mais, mais... c'est affreux !
- Ne crains rien, Malko, juste un moment quart d'heure à passer avant notre métamorphose. Après, nous donnons tout de notre croquant et de notre saveur aux ingrédients invités du jour. Un dernier point, Malko, n'oublie pas qu'on est LES MEILLEURS.
- Da, да, d'accord, Golllliamo, d'accord Golllliamo ! AÏe, eh, que m'arrive-t-il ? "

Et c'est par sa longue racine que Malko a été attrapé par le cuisinier en chef de la maisonnée, qui lui a d'abord coupé l'antenne, puis l'a déshabillé de son costume noir avant de le faire monter et descendre délicatement sur sa grande râpe étincelante. Sa métamorphose dura 3 minutes 43.
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Pour Dalila et tous ceux qui voudraient essayer,
petit récapitulatif de la Salade Blanche-Neige / :
снежанка салата
400g de yaourt épais mélangé à du sel et un jus de citron entier
la moitié d'un GOLIAM radis rouge et un MALEK radis noir râpés
des dés de féta de brebis
de l'aneth ciselée


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Produits du marché, début novembre 2009, 14°C.

Tuesday, November 10, 2009

Les hérissons

n'hibernent pas à Sofia,
ils travaillent pour l'élégance...

Ca y est ! Depuis quelques jours, les rues accueillent un nouvel arrivant : le cireur ambulant. Au coin d'une arcade en ciment ou près des carrefours piétonniers très fréquentés, il installe son matériel et attend, bien au chaud derrière la vitrine d'une boutique proche, qu'un client l'appelle. Il pourra alors rejoindre sa petite chaise, s'armer de ses meilleures cires et offrir aux chaussures fatiguées une petite douceur, histoire qu'elles se refassent une beauté sous ses brosses et ses chiffons agiles.


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Bd Rakovski et Carrefour au bout de Graf Ignatiev croisant Vasil Levski,
début novembre 2009, 14°C.

Monday, November 9, 2009

Au pied du mur

Il y a 20 ans, le mur est tombé à Berlin.
Avec lui, le bloc de l'est s'est effondré,
et les Bulgares ont pu retrouver leur liberté de penser et de pensées quelques mois plus tard.
Aujourd'hui, chacun pouvait laisser un message sur les affiches qui étaient scotchées là pour l'occasion (zoomer sur l'image pour déchiffrer certains mots comme LIBERTE/ своъода) ou écrire directement sur le mur de polystyrène placé devant l'ancien Palais.
20 artistes bulgares ont célébré l'évènement haut en couleurs
et brisèrent le silence à coups de bombes
sur Le Mur 20.

Au cours de l'après-midi, tel un éternel recommencement,
le mur est tombé et a été réduit en morceaux.



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Place Alexandre-Battenberg, 9 novembre 2009, 15°C.

Sunday, November 8, 2009

Exploration dominicale

de notre environnement proche

Sur les flancs du Mont Vitosha, les pentes boisées semblent impénétrables et le tapis de feuilles des plus somptueux.
Un peu plus loin, un peu plus haut, après pas mal de serpentins et de lacets bien noués, nous avons fait une petite escale dans un pâturage pour respirer au grand air et faire passer le mal de coeur de Chloé et de sa maman. Le paysage est magnifique, proche des collines -et des couleurs- du Pays de Galles.

Vivement que l'on se promène encore, un week-end prochain,
avant les neiges !


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Au pied de Vitosha, 8 novembre 2009, 15°C.

Saturday, November 7, 2009

Il était une fois dans

le nord de Sofia

(c) LostInMigration
Il ne manque plus que la musique d'Ennio Moriconne et nous pourrions jouer les cow-boys en empruntant le passage protégé du Boulevard déglingué de Maria Louisa. Les façades des immeubles d'un autre temps sont complètement décrépies et tombent en ruine pour certaines. Elles ressemblent à ces décors de carton mâché que l'on retrouve dans les westerns spaghettis. De nombreux travaux de ravalement sont en cours, mais il reste tant à faire ! Les murs sont attaqués, les balcons tiennent par miracle, les toits sont envahis par les herbes folles et les peintures s'écaillent, donnant cette impression de lèpre contagieuse à l'ensemble des habitations de l'un des principaux boulevards de Sofia.
Capturés en image un mois plus tôt, voici de près un balcon renforcé de métal et un toit planté, terre d'accueil pour un arbrisseau qui, fin septembre, avait toujours son feuillage. Depuis, l'automne s'est bien installé et les premiers froids ont eu raison de ses belles feuilles.


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Boulevard Maria Louisa, 26 octobre 2009, 7°C.

Friday, November 6, 2009

Curcub"s Club

"- Comment ça, elles ne sont pas rouges, mes courges ? Est-ce que vous avez déjà vu des courges rouges, vous ? Et pourquoi pas des orange ?! Vous devez confondre avec les coloquintes ! On aura tout entendu ! Elles sont bulgares, Madame, mes courges et chez les Bulgares, les courges, ça a la peau pâle ! Leur chair, à l'inverse, bien orange, est d'une tendreté sans équivalence, d'une douceur sans pareil... Goûtez, goûtez, vous m'en direz des nouvelles !"

Extrait d'un échange imaginaire,
dans l'esprit gaulois du poissonnier d'Astérix et Obélix,
en train de vanter ses courges et autres Tиква.

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Graf Ignatiev Pazar, 1 novembre 2009, 7°C.

Thursday, November 5, 2009

La leçon, le son... du jeudi !

En bulgare dans le texte...
(spéciale dédicace à Titi)
Traduction approximative : "gzz"


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Du côté de la rue Strumitsa, 26 octobre 2009, 7°C.

Wednesday, November 4, 2009

Petit matin

ensoleillé :

Atmosphère, atmosphère...

(c) LostInMigration
Les trams sont passés, en aller comme en retour. Sur la gauche, les chalands préparent leur stand. Au loin, une carriole tirée par deux hommes, les glaneurs de ce quartier.

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Graf Ignatiev, 26 octobre 2009, 7°C.

Tuesday, November 3, 2009

Ca floconne sec

Ca a commencé par de légers flocons, comme des bouts d'un coton qu'un enfant se serait amusé à étioler. Et puis ça ne s'est plus arrêté !
Toute la journée, il a floconné, tantôt doucement,
tantôt fortement aidés par de formidables bourrasques joyeuses !
Le ciel est resté aveugle, les toits des maisons et les dômes ont reçu leur première couverture blanche, les pelouses des jardins aussi comme les câbles qui sillonnent partout la ville à leur façon... Le soir, tout était poudré d'une blancheur scintillante.
Le lendemain, tout avait disparu sous le soleil naissant, mais je sais bien que ce n'était pas un rêve à l'envers de la Petite Marchande aux Allumettes. Le Mont Vitosha que nous avons devant chez nous avait le nez tout blanc et c'était magnifique !


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Depuis notre balcon, 3 novembre 2009, 0°C.

Monday, November 2, 2009

L'automne et sa magie

Ce que les rues peuvent être somptueuses avec leur généreux feuillage automnal. Impression très nette de se promener dans un sous-bois, où la lumière ne cesse de jouer à saute-mouton sur les pavés disjoints des rues peu fréquentées.


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Du côté de la rue Krakra, 31 octobre 2009, 9°C.